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Moi, J'ose le dire.. !!!

  L’OCP continuera d’être le partenaire principal de l’ONCF et ce, bien qu’il ait opté pour un pipeline pour le transport de ses phosphates.
Rabie Khlie, DG de l'ONG

Rabie Khlie, DG de l'ONG

C’est une première. L’Office National des Chemins de fer (ONCF) a tenu, mercredi 14 janvier courant, à bord d’un train spécial qui a relié Rabat et Marrakech, la session ordinaire de son Conseil d’administration. Mais pas seulement. Un point de presse a également été organisé à bord de ce même train, dans un wagon plutôt comble. C’est que cette rencontre a été très attendue, surtout après l’annonce du PDG de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) qui est désormais une société anonyme, de la construction de pipeline pour le transport des phosphates. Une perspective qui risque de priver l’ONCF de la majeure partie de son chiffre d’affaires annuel. La sortie médiatique de l’équipe Khlie a donc été très attendue sur la question du partenariat entre l’ONCF et l’OCP.
«Dans le cadre de sa nouvelle stratégie et afin de réduire les coûts de transport, l’OCP a, certes opté pour le transport des phosphates via des pipelines. Mais l’option de pipelines par l’Office Chérifien des Phosphates ne signifie pas que l’ONCF s’arrêterait, d’une manière directe, de transporter les phosphates de l’OCP, du moins sur les court et moyen termes», tient à souligner le ministre de L’Equipement et du Transport. Karim Ghellab qui a présidé le Conseil d’administration de l’ONCF a également expliqué que c’est là «une question politique et stratégique». «L’OCP continuera d’être le partenaire principal de l’ONCF», a insisté le ministre qui se veut rassurant quant à l’avenir du partenariat entre les deux organismes. Et Ghellab de poursuivre : «une commission mixte qui regroupe le PDG de l’OCP SA et le DG de l’ONCF et des hauts cadres des deux offices, est actuellement à l’œuvre pour étudier les mécanismes à même de pérenniser ce partenariat entre les deux offices».
Selon le ministre de l’Equipement et du Transport, même si le transport des phosphates de l’OCP représente la moitié du chiffre d’affaires de l’ONCF (1,5 milliards de DH), la mise en service du nouveau pipeline ne met pas en danger les équilibres financiers de l’Office. Quoique, reconnaît-il, la nouvelle orientation de l’OCP aura des impacts certains sur les investissements futurs de l’ONCF, puisque les revenus de ce dernier vont baisser. La diminution prévue devra entrainer, selon le ministre, l’arrêt des projets d’extension du réseau ferroviaire, de modernisation des trains et d’amélioration des services.
Côté réalisations de l’ONCF, le ministre a noté avec satisfaction «l’effort de l’ONCF qui continue de conjuguer croissance rentable du trafic et rythme soutenu d’investissements». Il a également souligné  «la portée sociale et économique des performances réalisées par l’office, conformément aux engagements prévus  dans le contrat programme Etat-ONCF portant sur la période 2005-2009».
Pour sa part, Rabii Khlie, directeur général de l’ONCF a indiqué que les indicateurs financiers de l’établissement qu’il dirige, sont au vert et dépassent les objectifs dudit contrat. Ce qui a permis, d’après lui, de mener à bien l’ensemble des projets prévus dans ce plan d’investissement.
Cette année, phase finale du plan quinquennal de l’Office, les investissements devront atteindre le montant de quelque 4,5 milliards de DH, selon le directeur général. L’année 2008 se caractérise, ajoute Rabie Khlie, par l’aboutissement des chantiers en cours, la finalisation d’autres chantiers et le lancement de nouveaux projets. Il s’agit notamment de l’achèvement du doublement de la voie des lignes Casa-Fès, Casa-El Jadida et Casa-Settat. Il s’agit également de la réception de 18 rames duplex de commande ferme, de l’ouverture au public de la nouvelle gare de Marrakech en octobre 2008 et de l’accélération des chantiers encore ouverts. En particulier, les projets imminents de la connexion du réseau aux sites de Tanger Med et de Nador ainsi que le projet de raccourci Sidi Yahya-Mechraâ Bel Ksiri avec électrification de la ligne jusqu’à Tanger et, enfin, le projet de modernisation d’une quarantaine de gares.
Le directeur général de l’ONCF a, par ailleurs, commenté les résultats de l’année 2007, qui, selon lui, ont été «à nouveau au rendez-vous». En témoigne, affirme-t-il, le chiffre d’affaires qui franchit le cap de 3 milliards de DH. D’après le patron des cheminots, le nombre des voyageurs transportés est passé de 21 millions en 2005 à 26,1 millions en 2007 pour atteindre quelque 27,7 millions en 2008, soit une progression moyenne de 10%.
Notons que l’ONCF a entamé un nouveau programme de rénovation du parc actuel de ses trains. L’objectif escompté est «de rehausser le niveau de confort offert aux passagers. Mais aussi de soulager le matériel actuel soumis à une sollicitation quasi permanente ces dernières années », selon le management de l’Office. Ce programme de rénovation concerne l’ensemble des équipements de confort et de sécurité, d’après les responsables de l’Office : les sièges, le parterre la climatisation, la sonorisation, le sanitaire, la fermeture automatique des portes… Les prototypes des voitures concernées par cette transformation ont été présentés à la presse lors du voyage effectué de Rabat à Marrakech. Le projet de modernisation envisagé est d’un coût global de 1,5 millions de DH. Il concerne quelque 300 voitures qui seront mises en service dans les dessertes de Fès, Marrakech, Oujda et Tanger. Selon le management de l’ONCF, quelque 100 unités devront être livrées chaque année et ce, à partir de l’année en cours.
Qu’il s’agisse de la nouvelle approche d’aménagement des gares ou encore du programme de rénovation des trains, l’ambition de l’ONCF est de transporter ses passagers dans des trains plus fréquents, plus rapides, plus confortables et surtout ponctuels. Sur ce point, les chiffres officiels notent que 13% des trains arrivent en retard. L’Office national des chemins de fer est décidé à s’occuper en priorité de cette question.
Naima Cherii

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Jeudi 05 Février 2009Poster un commentaire
La Nouvelle Tribune : Dans la conjoncture actuelle et au vu des récents développements qu’a connus le Groupe OCP, la question qui se pose en premier, M. Terrab, a trait à la santé financière de l’Office. Pouvez-vous faire la genèse de son redressement, notamment l’externalisation des caisses de retraite avant d’en arriver au partenariat stratégique que vous venez de signer avec la Banque Centrale Populaire ?
M. Mustapha Terrab : Je pense qu’il est effectivement important de revenir sur cette genèse, car si l’entrée de la BCP dans le capital de l’OCP constitue effectivement un renforcement des fonds propres de l’OCP SA, ce n’est pas là l’objectif principal de cette opération.
En effet, il y a plus d’un an, nous avions envisagé l’entrée de la Caisse de Dépôt et de Gestion dans le capital de l’OCP pour renforcer le capital de notre société parce qu’à ce moment-là il était question d’externaliser la caisse de retraite et cette opération était difficile à envisager dans les conditions financières de l’OCP de l’époque. L’apport en fonds propres que devait faire la CDG visait principalement à nous permettre de financer la sortie de cette caisse de retraite. Dans les faits, cette opération qui s’est concrétisée par un versement de près de 30 milliards de dirhams au RCAR, a pu se faire sans le concours de la CDG, grâce à une année commerciale exceptionnelle qu’a connue l’OCP en 2008.
Donc, l’opération qui a été réalisée avec la BCP n’ayant plus pour objectif l’externalisation des retraites, s’est faite dans un contexte différent et vise le développement de synergies stratégiques entre les deux organismes. Ceci explique d’ailleurs pourquoi l’OCP a également pris une participation dans la BCP pour s’assurer que nous avons, chacun, l’outil nécessaire pour réaliser les synergies en question.

Quelles sont ces synergies ?
En premier, l’OCP compte accueillir des investisseurs étrangers pour produire des engrais à partir des phosphates marocains sur la place industrielle de Jorf Lasfar notamment. Dans cette perspective, il est clair que l’accompagnement d’un groupe financier est un facteur attractif très important pour ces investisseurs directs étrangers.
Comme vous le savez, sur le marché international des engrais, la part de l’OCP est de 12% alors que sur le marché de la roche phosphatière, nous avons des parts de marché qui avoisinent les 50%. L’idée est donc pour certains de nos clients, qui importent aujourd’hui la roche du Maroc, mais qui pourraient arrêter de le faire pour des capacités additionnelles du fait que leurs perspectives d’investissements s’orientent vers des projets intégrés, est de les inviter à venir sur place réaliser ces derniers sur le territoire marocain, en partenariat avec l’OCP. L’OCP deviendrait ainsi un acteur majeur dans le développement du marché mondial des engrais.
Concrètement, ce partenariat permettrait de financer les investissements dans des usines d’engrais réalisés par des opérateurs étrangers. On pourrait dire que ce sont nos clients aujourd’hui qui, pour l’extension de leurs capacités, s’adosseront à nos mines de phosphates et y intégreront leurs activités industrielles en montant des usines au Maroc au lieu d’importer simplement de la roche.

Quelles sont les nationalités de ces opérateurs-investisseurs étrangers qui souhaiteraient investir au Maroc ?
L’OCP travaille avec cinquante pays répartis sur les cinq continents, mais actuellement ce sont seize candidats qui se sont fait connaître et qui viennent pratiquement de tous les continents. Nous ne pourrons pas accueillir les candidats dans leur ensemble, mais nous prévoyons de réaliser dix opérations de partenariat de ce type d’ici 2020, ce qui est cohérent avec la croissance attendue du marché des engrais. Nous allons donc attribuer ces lots industriels par des procédures de consultation et par vagues, probablement une première pour un à trois opérateurs dans les prochains mois, une seconde vague dans trois ou quatre ans et une troisième plus tard.

Mais, l’accord de participations croisées que vous venez de signer avec la BCP, renforce aussi la santé financière de l’Office ?
Absolument, ce renforcement est un des objectifs de cette opération, mais il n’en est ni le seul, ni le premier. Comme vous l’avez constaté, les apports en capital de ce partenariat sont déséquilibrés puisque nous injectons un milliard de dirhams dans la BCP pour une participation de 7% du capital quand celle-ci nous en donne 5 milliards pour 5,8% uniquement du nôtre. Cela est dû à la valorisation de chaque entreprise qui a été faite par des banques d’affaires expérimentées. En conséquence, bien sûr, les fonds propres de l’OCP en sortent renforcés de 4 milliards de dirhams. Mais, la santé financière de l’OCP a connu un renversement et s’est trouvée renforcée entre 2007 et 2008 comme peut le montrer l’examen du ratio rapportant la dette aux fonds propres. C’est ainsi qu’en 2006-2007, nous avions un ratio dettes/fonds propres, négatif de - 250% à fin 2007, induit par des fonds propres eux-mêmes négatifs après absorption des pertes cumulées de l’activité de l’office. En 2008, nous sommes arrivés, grâce à cette année exceptionnelle, à un ratio de 120%, c’est-à-dire des fonds propres équivalents à la dette et aujourd’hui, grâce à la transaction avec la BCP, la dette ne représentera plus que 70% des fonds propres. Nous avons deux types de dettes, celles financières qui correspondent aux engagements bancaires souscrits pour externaliser la caisse de retraite, mais aussi des dettes sociales qui demeurent dans notre bilan et qui correspondent à la retraite complémentaire et la caisse maladie encore gérées en interne au niveau de l’OCP.

Ce ratio d’endettement n’est-il pas encore élevé ? Ne prévoyez-vous pas de l’améliorer par une ouverture du capital à d’autres actionnaires ou, comme cela a pu se dire, par une introduction en bourse ?
Je pense qu’au contraire, le ratio évoqué est un ratio de dettes sur fonds propres très fort en comparaison à nombre d’entreprises de notre secteur d’activité qui ont une dette plus importante que leurs fonds propres. Nous sommes dans des ratios optimaux de l’industrie du phosphate et de l’industrie minière et nous sommes arrivés beaucoup plus rapidement à un objectif que nous nous étions fixés à plus long terme et ce grâce à un résultat net de l’année 2008 de 25 milliards de dirhams, tout à fait exceptionnel.

Et l’introduction en bourse de l’OCP ?
Le ministère des Finances a annoncé lors de la dernière conférence de presse cette possibilité. Mais je voudrais insister sur deux points essentiels. Premièrement, une introduction en bourse n’est pas une privatisation. On pourrait même dire que c’est le contraire, soit une nationalisation puisque c’est le petit porteur, le citoyen marocain qui pourrait ainsi placer son épargne dans notre entreprise. Une telle procédure permettrait sans doute d’incarner la sentence historique énonçant que l’OCP appartenait à tous les Marocains.
Deuxio, si une telle opération devait se faire, alors je me dois d’insister sur le fait qu’elle n’est nullement programmée dans le temps, aujourd’hui.
La stratégie de l’OCP ayant comme finalité de valoriser les ressources de l’entreprise qui, au-delà des phosphates, sont son capital humain, à savoir les hommes et femmes qui y travaillent, l’introduction en bourse profitera en priorité aux salariés de l’OCP. Ce ne serait alors que justice puisque avant l’externalisation de la caisse de retraite, l’OCP appartenait indirectement à ses agents et à ses retraités.

Par ailleurs, l’OCP est-il obligé comme par le passé, de rétrocéder au Trésor des fonds à la demande de ce dernier ?
Non, le Trésor est un actionnaire comme les autres et il peut recevoir des dividendes quand les conditions bilancielles le permettent et je me dois de saluer aujourd’hui la manière dont le Trésor et le ministère des Finances en général approchent l’OCP en tant qu’actionnaires totalement rationnels par rapport à la nature de l’OCP, son activité, ses objectifs et la conjoncture internationale dans laquelle nous évoluons.
Par contre, il faudrait également évoquer les contributions de l’Office aux impôts, comme l’a d’ailleurs fait récemment le ministre des finances. Avec des résultats comme ceux que nous avons obtenus en 2008, vous imaginez bien que la contribution de l’OCP à l’IS a été des plus conséquentes… Nous sommes désormais dans un cercle vertueux avec nos actionnaires qui respectent les règles en la matière.

Sachant que les phosphates sont une matière première stratégique, pensez-vous que la crise mondiale actuelle pourra impacter pour longtemps votre activité, mais surtout l’effort de restructuration que vous avez entrepris ?
Il est certain que la crise n’épargne pas aujourd’hui l’OCP puisque nous sommes pleinement exposés à l’économie internationale. Elle a affecté les prix comme les volumes parce qu’il y a un impact sur la demande. Mais, cet impact ne saurait se prolonger trop longtemps parce qu’il s’agit d’engrais. C’est pourquoi, nous réagissons de manière anticyclique et volontariste, ce qui me semble être la seule manière d’appréhender vraiment une telle dépression internationale. La crise actuelle nous détermine dans l’accélération de notre stratégie. Le premier objectif de notre partenariat avec la BCP réside dans l’accélération de la stratégie de l’OCP. Sur 2009-2010 par exemple, nous accélérons nos cadences de réalisation de nos propres projets de développement et d’investissements. Et ceux qui ont besoin d’investir dans ce secteur, du fait même de la crise, iront vers les investissements qui leur paraitront les plus intéressants en termes de perspectives de coûts, de compétitivité, etc.
L’excellente année 2008 nous a permis d’absorber les chocs actuels de volumes et de prix. Si ces derniers ont baissé, ces derniers mois, sur le marché international de 20% au moins, il faut rappeler que nous venons d’un pic exceptionnel. Mais, la meilleure manière de voir les choses est de les appréhender à l’envers. Si les prix du phosphate aujourd’hui en période de crise se situent entre 120 et 200 US $ la tonne, il ne faut pas oublier qu’un an et demi auparavant, ils étaient à 40 US $ la tonne ! Peu de produits peuvent actuellement se négocier à trois fois leur valeur antérieure en pleine période de crise… . Quant à la baisse de la demande, elle est sérieuse, plus de 70%, pour la simple raison que l’agriculteur ne trouve pas de crédits auprès des banques. Mais, nous voyons déjà les prémisses de la limite de la contraction de la demande des engrais qui sont une matière vitale. On peut retarder l’achat d’un bien, mais l’agriculture, elle, a structurellement besoin d’engrais pour satisfaire ses rendements.

M. Terrab, pouvez-vous nous dire si la consommation d’engrais a pris au Maroc avec le Plan Vert mis en œuvre par le département de M. Akhannouch?
L’OCP a fortement contribué à ce Plan Vert, d’abord en évitant à l’agriculteur marocain de subir le choc de la hausse vertigineuse des prix des engrais en 2008, grâce à notre très forte action de régulation. En effet, quand les prix ont quadruplé sur le marché international, ils sont restés quasiment identiques au plan interne.
De plus, nous avons essayé de rééquilibrer les types d’engrais utilisés par notre agriculture en allant vers des produits mieux adaptés aux sols et aux cultures de notre pays. Et donc aujourd’hui, nous assistons à des « success stories » incroyables. Certains exploitants ont vu leur productivité augmenter de deux, voire trois fois.

Considérez-vous que la consommation d’engrais au plan national soit susceptible de constituer une bonne part de marché pour l’OCP ?
Absolument. Nous en sommes tellement persuadés que l’OCP compte bien revenir au niveau de la distribution d’engrais, secteur qui avait été dévolu à Fertima, il y a quelques années. Dorénavant, nous serons présents sur ce segment et fortement. Mais vous devez comprendre que les engrais, ce n’est pas seulement le phosphate, c’est l’ammoniaque, le souffre, des denrées que nous importons, à prix très forts d’ailleurs, et donc il faut savoir que le Maroc ne maîtrise pas toute la filière engrais. Sachez, par exemple, que l’an passé, la tonne de souffre est passée de 50 dollars à près de 800 dollars. Et l’OCP importe le souffre, comme l’ammoniaque qui, lui aussi a triplé de prix courant 2008.

Enfin, on pourrait peut-être évoquer le business plan de l’OCP, à la lumière de toutes les considérations et les projets que vous avez évoqués lors de cet entretien ?
Bien évidemment, nous avons un business plan qui traduit notre stratégie et qui a constitué la base sur laquelle la valorisation de l’OCP a été réalisée. Ainsi, sur les deux à quatre prochaines années, nous allons réaliser des investissements énormes, avec des montants de 20 à 30 milliards de dirhams, notamment à Jorf, à Safi, à Ben Guérir, à Khouribga. Pour ce dernier site, nos capacités d’extraction minière passeront de 18 millions à 20 millions de tonnes actuellement, à plus de 30, voire 35 millions de tonnes dans quelques années. Cela représentera un saut qualitatif énorme pour Khouribga, de même que vous avez pu constater l’inauguration par Sa Majesté le Roi, de nouvelles capacités minières à Ben Guérir, du même ordre en termes d’importance, et nous projetons d’accomplir le même travail à Boukrâa, en améliorant les infrastructures.
L’autre gros investissement qui va s’étaler sur deux ou trois ans, sera l’adoption du nouveau mode de transport du minerai, par pipe line et non plus par voie ferrée. Cela représentera une nouvelle manière de gérer l’interface entre la mine et la chimie et cela constitue une véritable restructuration industrielle.

Entretien réalisé par Afifa Dassouli

La forte contribution de l’OCP au succès du Plan Vert
1) Dans sa démarche citoyenne, OCP s’interdit de faire toute marge sur les engrais vendus sur le marché local en évitant de répercuter le cours du seul intrant dont il a une maîtrise totale : le phosphate de roche, valorisé à 40$ dans ces engrais alors que le prix à l’international a atteint courant 2008 la barre des 400$. Quant au reste, soufre, ammoniac et énergie, OCP n’a malheureusement aucun pouvoir pour limiter leur renchérissement. Le phosphate n’est qu’un intrant, parmi tant d’autres, nécessaires pour la fabrication des engrais.
Ainsi l’OCP a évité au Felah marocain de supporter la flambée des cours liées également aux intrants que sont le souffre (Il est passé de 50 $ à 700$ courant 2008) et l’ammoniaque. Les prix des engrais ont quadruplé au niveau international.
Ainsi, OCP vend à coût de revient les engrais à l’agriculteur marocain.

Prix de DAP Local Vs Export (DH/T)
et estimation du manque à gagner sur tonnage global (tous produits)


2) L’OCP contribue également à travers l’équilibre dans les types d’engrais utilisés. Ce qui a permis d’augmenter la productivité des fermiers en la multipliant par 2
3) L’OCP ambitionne de revenir et d’être fortement présent dans le secteur de la distribution des engrais, voir même au niveau de l’agro business.

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Jeudi 05 Février 2009Poster un commentaire

· C’est un complément alimentaire très prisé, actuellement importé

· Une partie sera commercialisée au Maroc, le reste destiné à l’export


· De nouvelles installations avec des investissements de 225 millions de DH

 

 

 

C’EST une première pour l’OCP. Le groupe a lancé un projet pour la construction de nouvelles installations pour la fabrication d’un nouveau produit. Il consiste en la production d’un complément d’aliment de bétail, aujourd’hui importé de Tunisie et d’Espagne. L’investissement prévu est de l’ordre de 225 millions de DH. Les phosphates et la chaux d’origine marocaine sont les principaux intrants de cette matière. Scientifiquement, on l’appelle phosphate bicalcique (DCP) et monocalcique (MCP) pour le bétail et volaille.
Très prisé au niveau mondial, cet aliment est source de phosphore et de calcium. Deux éléments essentiels pour la croissance du bétail et le renforcement de sa vulnérabilité face aux maladies. La carence en phosphore et donc en calcium a pour conséquences la perte d’appétit, le ralentissement de la croissance corporelle et la vulnérabilité aux maladies. L’objectif de l’OCP est, d’une part, de couvrir les besoins du marché national à un prix fortement compétitif. D’autre part, la production garantira de nouvelles opportunités à l’export, notamment vers les marchés brésilien, américain et d’Europe du Sud. A l’évidence, ce produit permettra de diversifier la production de l’OCP et de développer de nouvelles opportunités commerciales.
Par ailleurs, deux nouvelles unités de production d’acide sulfurique d’un coût de 1,65 milliard de DH sont aussi projetées. Elles viendront remplacer cinq unités anciennes beaucoup moins performantes et qui sont actuellement totalement amorties, est-il déclaré. Le démarrage de l’activité des nouvelles unités est prévu à l’horizon 2011. Elles auront une capacité de 3.410 tonnes par jour chacune. Ces unités d’une technologie moderne utiliseront un procédé à double absorption et de récupération de la chaleur. Ce qui permettra de dégager de la vapeur qui sera transformée par une nouvelle centrale thermique en énergie propre. Cette réalisation nécessitera un investissement de 630 millions de DH pour une puissance installée de 32 MW d’électricité. Le volume d’énergie ainsi produit couvrira l’ensemble des besoins de la plateforme chimique de Safi, est-il affirmé. Une partie de l’électricité produite servira à alimenter une nouvelle unité de dessalement de l’eau de mer pour une enveloppe de 650 millions de DH. Avec une capacité de dessalement de 26 millions de m3 par an.
Parallèlement, de gros budgets seront réservés à la préservation de l’environnement de la ville. Le groupe OCP s’engage par ce fait à éliminer toute forme de rejet à Safi. Les rejets de gypse, qui se font actuellement en mer, seront stockés sur le site. D’un coût de 1 milliard de DH, le projet contribuera également à l’économie de l’eau, indique-t-on. L’enveloppe globale qui sera engagée pour ces différents projets est de l’ordre de 6,2 milliards de DH d’ici 2012.
Il est à rappeler que, depuis le début de l’année 2007, le complexe chimique de Safi a arrêté le transport de l’ammoniac via une conduite qui traversait la ville depuis le port jusqu’à ses usines chimiques. Ainsi, toute production d’engrais azotés a été suspendue en attendant de construire une infrastructure de chargement et de déchargement des intrants à proximité immédiate de la plateforme chimique.
D’autre part, les phosphates s’achemineront désormais dès 2012 par pipe depuis Youssoufia directement dans les unités. Ce qui éradiquera totalement la pollution des poussières, est-il assuré.

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Vendredi 26 Décembre 2008Poster un commentaire

 

 

 

 

 

Il s’agit de Slurry Pipeline qui est un méga projet de l’OCP (Office chérifien des phosphates). Selon l’Office, une fois ce pipeline mis en service en 2011 comme le prévoit le plan de développement de l’entreprise que dirige Mustapha Terrab, il devra permettre le transport du phosphate du centre minier de Khouribga vers le complexe chimique de Jorf Lasfar avec un débit moyen de pas moins de 38 millions de tonnes par an. Selon un communiqué de l’OCP, les études de design et l’ingénierie de base de ce chantier ont été confiées à Pipeline Systems Incorporated (PSI) suite à un appel d’offres international. Cette société américaine est une filiale du grand bureau américain d’ingénierie AUSENCO. Le marché lui a été confié pour un montant global de 4,2 millions de dollars américains.
Les équipes de ce bureau d’ingénierie sont d’ores et déjà sur place pour un délai de réalisation de cette première phase de 9 mois, précise le communiqué.




… Et revoit son processus achats

A partir d’octobre 2008, de nouveaux processus devront être opérationnels au sein du groupe OCP, annonce l’Office. Objectif : mettre en place les meilleures pratiques d’achat et d’approvisionnement en les alignant sur les « Best in class » des entreprises performantes dans le monde pour atteindre des délais de traitement des dossiers d’achat de 3 à 5 mois au lieu de 12 mois et plus aujourd’hui, explique le top management de l’Office. L’établissement vise également l’amélioration de la productivité des achats afin de pouvoir réaliser les investissements du Groupe dans les meilleures conditions de qualité et de délai..
A titre indicatif, l’OCP a totalisé 9,2 milliards de DH d’engagements en 2007. La même année, l’Office a passé 8.000 commandes et marchés par les différentes entités Achats dont 80% concernent les achats de consommables.


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Vendredi 26 Décembre 2008Poster un commentaire

Sur la façade orientale de l’Australie, les agriculteurs sont obligés de retarder les semis, par manque d’engrais phosphatés. Ils doivent attendre l’arrivée des prochains bateaux livrant cet engrais précieux pour nourrir les sols fatigués. Qu’un pays comme l’Australie qui produit 80 % de ses besoins en fertilisants, se retrouve en situation de pénurie, illustre bien à quel point le marché des phosphates est aujourd’hui tendu. En un an, les prix du DAP, le phosphate d’ammoniaque - c’est l’engrais à base de phosphate le plus courant - ont augmenté de 50 % pour atteindre plus de 400 dollars la tonne au départ du producteur. Une embellie bienvenue pour les producteurs car la rentabilité des mines de phosphate n’est pas très élevée.

Un analyste londonien estime que sur ces vingt dernières années, l’exploitation de cette ressource a été une activité lucrative sur sept ou huit ans seulement. Si le marché est tendu en ce moment, c’est bizarrement parce qu’on craint sa chute. Un gigantesque projet est en cours de construction en Arabie saoudite. A l’horizon 2010, la production issue d’une mine située dans le nord de la péninsule pourrait fournir 7 à 8 % de l’offre mondiale, ce qui ne va pas manquer de bouleverser le marché actuellement dominé par le Maroc. Ce méga projet saoudien a pratiquement gelé toutes les velléités d’investissement dans le reste du monde, d’où ce goulot d’étranglement qui fait grimper les prix.


On s’approche de plus en plus du sommet de la hausse, mais il est délicat d’en prévoir la date car sur l’autre versant, l’évolution de la demande est plus difficile à maîtriser. Le portrait type du gros consommateur d’engrais est le pays très peuplé et assez riche pour financer les intrants .C’est en gros le portrait robot des Etats-Unis, un pays également producteur où la demande est stable alors qu’elle explose chez les deux géants de l’Asie : Inde et Chine. Ces derniers ont besoin de nourrir une population galopante. Ils représentent aujourd’hui la moitié de la consommation d’engrais, toutes catégories confondues.

Dans le cas de la Chine, il faut ajouter que les terres disponibles se raréfiant, il est urgent de nourrir au mieux les sols cultivés. Pour accélérer la croissance des cultures, rien ne vaut le nitrate que les Chinois ont abondamment utilisé ces dernières années mais, pour reconstituer le sol à moyen terme, le recours aux engrais phosphatés est indispensable. C’est pourquoi les Chinois ont accéléré la production domestique. Leurs importations d’engrais phosphatés déclinent depuis quatre ans et cela devrait continuer car c’est ici qu’on s’attend à la plus forte progression de la production.

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Mardi 21 Octobre 2008Poster un commentaire
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